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Industrialisation et esclavage : une relation symbiotique

J’ai traduit un article de Robin Blackburn paru en 2011 sur le site de la BBC[1]. Professeur d’histoire à l’université d’Essex au Royaume-Uni, Blackburn est l’auteur de The Making of New World Slavery (1997) et de Overthrow of Colonial Slavery (1988). Il montre comment le commerce transatlantique d’esclaves et l’économie des plantations ont contribué à l’essor industriel de l’Empire britannique. L’esclavage a été un « maillon indispensable » de la révolution industrielle en Europe, ainsi que nous l’apprend le magazine Alternatives Économiques :

« Le commerce transatlantique a stimulé la production industrielle européenne (textiles, métallurgie) et nourri le développement de services liés au transport et au commerce (banques, assurances), sous la protection d’États garants de l’ordre intérieur et acteurs de l’expansion coloniale, autant de facteurs clés dans la dynamique de l’industrialisation. S’il ne faut pas l’exagérer, la contribution des esclaves à l’enrichissement de l’Europe ne peut pas être escamotée. En matière de profits, la traite n’est certes pas la composante majeure, ni la plus rentable, de l’économie atlantique, mais elle en forme le maillon indispensable, le soubassement nécessaire[2]. »

Par ailleurs, il est assez énervant d’entendre parler au passé du colonialisme et de l’esclavage quand les pays riches et industrialisés financent, à travers leurs banques et leurs agences de développement, des projets désastreux pour les populations autochtones du Sud et les milieux naturels. Évidemment, ces financements vont la plupart du temps aux industriels des pays riches qui possèdent les compétences techniques et l’équipement matériel pour mener à bien les travaux. Citons la mine de Carajas en Amazonie brésilienne, propriété de la compagnie brésilienne Vale et financée par la Banque mondiale et l’Union européenne[3] ; citons les infrastructures énergétiques au Kenya qui dévastent les écosystèmes[4] et de manière générale les grands projets d’infrastructure en Afrique qui bénéficient rarement aux locaux. Parler au passé de l’esclavage est d’autant plus erroné que ce phénomène n’a jamais cessé de s’accentuer. Il y a d’après l’Organisation internationale du travail plus de 40 millions de personnes victimes d’esclavage, en majorité des femmes et des enfants. À cela s’ajoutent 160 millions d’enfants forcés de travailler, un chiffre qui « pourrait bondir de 46 millions d’ici la fin 2022 » d’après Claudia Cappa, statisticienne à l’Unicef[5]. Où travaillent ces enfants ? Dans des plantations et des mines, comme autrefois. En Côte d’Ivoire, ce sont 800 000 enfants qui travaillent dans les plantations de cacao[6], le premier producteur mondial[7] ; et en République Démocratique du Congo, premier producteur mondial de cobalt[8], au moins 40 000 enfants passeraient leurs journées à suer dans les mines pour fournir les métaux indispensables à l’industrie numérique[9].

Il est clair que l’esclavage n’a jamais vraiment cessé, et que les différents moyens pour asservir des masses humaines toujours plus importantes n’ont cessé de se perfectionner avec le progrès technique. L’esclavage serait une façon primitive de procéder, en usant de la force et de la supériorité militaire. Le salariat de son côté serait la méthode moderne, plus sophistiquée, employée par les classes dominantes pour soumettre et exploiter un peuple. Cela ressort clairement dans le texte de Blackburn lorsqu’il écrit que les gens, à partir d’une certaine époque, « ne produisaient plus la nourriture qu’ils mangeaient et les vêtements qu’ils portaient ». C’est le passage de l’économie de subsistance à l’économie de marché. Dans son ouvrage Terre et Liberté : la quête d’autonomie contre le fantasme de délivrance, Aurélien Berlan évoque « la “guerre contre la subsistance” qui a commencé au début des temps modernes avec les enclosures ». Il fallait détruire la capacité des gens à prendre eux-mêmes en charge leurs besoins pour les rendre dépendants du « supermarché industriel de l’économie globalisée ». L’histoire nous enseigne que seule une économie de subsistance peut offrir un mode de vie à la fois démocratique, égalitaire et écologique, c’est-à-dire soutenable sur le plan de l’utilisation des ressources.

Ci-dessous, le texte de Blackburn.


Esclavagisme et industrialisation

Quelle a été la contribution du commerce des esclaves avec les Amériques dans l’industrialisation rapide de l’économie britannique du XVIIIe siècle, et comment les Britanniques d’aujourd’hui bénéficient-ils de la prospérité de cette époque ?

Consommateurs et esclaves

Les planteurs propriétaires d’esclaves et les marchands qui faisaient du commerce d’esclaves et de leurs produits figuraient parmi les personnes les plus riches de la Grande-Bretagne du XVIIIe siècle. Les profits tirés de ces activités ont contribué à doter le All Souls College d’Oxford d’une splendide bibliothèque, à l’édification d’une vingtaine de banques dont Barclays et à financer les expériences de James Watt, inventeur de la première machine à vapeur réellement efficace.

Fortement impliqués dans le commerce des esclaves, les banquiers marchands de Liverpool ont accordé un crédit vital aux premiers fabricants de coton de l’arrière-pays du Lancashire. Les planteurs antillais ont construit des demeures seigneuriales – certaines ridiculement extravagantes, comme la Fonthill de William Beckford – et contribué à la modernisation de l’agriculture britannique en « améliorant » leurs domaines. D’autres ont investi dans des canaux. Et bien sûr, beaucoup dépensaient leurs gains acquis de façon douteuse en jeux d’argent, en guerre des prix, en sorties débridées et biens ostentatoires.

Les plantations étaient elles-mêmes les sous-produits d’un nouveau système économique. L’esclavage dans les plantations a prospéré grâce à la révolution de la consommation qui a eu lieu en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas au XVIIe siècle. Dans ces pays, les marchés de consommateurs se sont élargis, agriculteurs et fabricants ont embauché des travailleurs salariés, ce qui était le meilleur moyen d’augmenter la production et les ventes.

Les agriculteurs devaient payer un loyer et les ouvriers avaient besoin d’un emploi pour nourrir leur famille. Un nouveau système économique était en germe, nous l’appelons aujourd’hui capitalisme.

Des personnes d’origines sociales différentes avaient désormais besoin d’argent dans leur poche ou leur sac à main. Ils ne produisaient plus la nourriture qu’ils mangeaient ni les vêtements qu’ils portaient. Les plus aisés achetaient des vins prestigieux ou des soieries orientales. Mais même le travailleur journalier pouvait acheter du tabac et du sucre. Les marchands répondaient à cette nouvelle demande en créant des plantations d’esclaves en Virginie et dans les Caraïbes. Si le goût pour les stimulants et les produits de luxe exotiques étaient en pleine croissance, les consommateurs n’avaient guère conscience du terrible coût humain qu’impliquait leur production.

Mais ceux qui étaient directement impliqués dans le commerce des esclaves en Atlantique ou dans les plantations connaissaient évidemment les terribles pertes en vies humaines et le labeur incessant de l’esclavage. Les planteurs et les marchands achetaient des Africains en partie parce qu’ils étaient plus aptes que les Blancs à survivre sous les tropiques, et en partie parce qu’ils pouvaient priver leurs captifs africains de tout droit.

Les domestiques blancs étaient eux aussi maltraités, mais il y avait des limites lorsque les abus exposaient les élites à des poursuites judiciaires et au blâme de leurs voisins. Les colons non esclavagistes s’opposaient parfois au pouvoir croissant des propriétaires d’esclaves, mais il était malheureusement aisé de laisser les Africains faire tous les travaux les plus durs. Les planteurs ont vite découvert qu’ils pouvaient jouer sur la peur des Blancs pour construire une version commerciale et raciale d’une vieille institution – l’esclavage.

Le boom de l’Atlantique

Dans son célèbre ouvrage de 1944 intitulé Capitalisme et esclavage, l’universitaire trinidadien Eric Williams a affirmé que les profits de l’esclavage ont « fertilisé » de nombreuses branches de l’économie métropolitaine et ont préparé le terrain pour la révolution industrielle en Angleterre.

Sa thèse a engendré des décennies de débats et de controverses. Elle a correctement identifié la très grande intimité, dans la Grande-Bretagne du XVIIIe siècle, entre les profits de l’esclavage, d’une part, et le financement du développement capitaliste britannique, d’autre part.

Le capitalisme britannique était une cause plutôt qu’une conséquence du développement des plantations d’esclaves. Mais l’adéquation entre la croissance des plantations d’esclaves et le progrès industriel en Grande-Bretagne a été impressionnante et durable. Les plantations des colonies fournissaient à la mère patrie un flux croissant de produits de luxe populaires – teintures, sucre, tabac, puis plus tard café et chocolat également – et de coton, un input industriel crucial.

La disponibilité de telles friandises incitait les consommateurs à participer davantage aux échanges commerciaux et à accroître leur dépendance aux salaires, traitements [fonctionnaires] et honoraires [professions libérales]. Servant d’appât pour dissimuler l’hameçon de la dépendance salariale, les nouveaux biens de consommation ont contribué à motiver ce que certains historiens appellent la « révolution industrieuse », c’est-à-dire des journées de travail plus longues et un contrôle strict de la main-d’œuvre associés à l’industrialisation.

Les plantations d’esclaves ont servi à poser les bases de l’organisation intense du travail, avec des groupes d’esclaves contraints de travailler sous l’œil et le fouet du conducteur d’esclaves. Dans toutes les plantations esclavagistes, les journées de travail étaient très longues. Mais dans les plantations sucrières, les moulins fonctionnaient 24 heures sur 24 et les esclaves travaillaient également la nuit, par équipes de 18 heures.

Les plantations des colonies esclavagistes des Amériques fournissaient non seulement des produits de première qualité, mais constituaient également un marché attractif pour les outils métalliques, les textiles et les provisions. En effet, l’Empire britannique du début et du milieu du XVIIIe siècle est devenu une zone de commerce prospère au sein de laquelle la capacité de la Nouvelle-Angleterre et de Terre-Neuve à vendre des provisions aux Antilles et à prendre part au commerce avec l’Afrique a également renforcé leur capacité à acheter des produits manufacturés anglais.

L’essor des produits atlantiques a aussi permis la mise en œuvre d’un vaste programme de construction et d’entretien de navires commerciaux. Un tiers environ de la flotte marchande anglaise fut construite dans les colonies nord-américaines.

Commerce lié aux esclaves

Les marchands et fabricants britanniques disposaient d’un marché intérieur en expansion, de débouchés coloniaux en expansion et d’une capacité à pénétrer – légalement ou non – les marchés coloniaux et intérieurs de leurs rivaux.

À des moments cruciaux du début de l’industrialisation en Grande-Bretagne, les marchés coloniaux, les approvisionnements coloniaux et les profits coloniaux apportèrent une contribution significative. Les premières fabriques capitalistes avaient besoin de marchés plus vastes pour atteindre les niveaux de production qui permettraient l’adoption généralisée de nouvelles techniques industrielles.

La capacité des marchands britanniques à pénétrer les marchés européens n’a cessé de décliner au XVIIIe siècle, mais la croissance du commerce transatlantique a plus que compensé ce déclin. Une partie de ce commerce a pris la forme du célèbre commerce triangulaire, dans lequel des marchands de Bristol et de Liverpool échangeaient des biens commerciaux contre des personnes sur la côte africaine, puis naviguaient vers les Antilles ou l’Amérique du Nord pour vendre les Africains réduits en esclavage, et enfin ramenaient une cargaison de produits issue des plantations en Angleterre.

Les premiers producteurs industriels avaient des besoins en capitaux assez modestes pour l’achat de machines, mais nécessitaient des lignes de crédit étendues pour atteindre les marchés étrangers. Le coût des premières filatures de coton pouvait s’élever à moins de 1 000 livres sterling, mais le fabricant devait investir dix fois cette somme en salaires et en matières premières avant de percevoir un quelconque retour d’argent des ventes.

Il fallait souvent un an ou plus pour que le fabricant reçoive un paiement de l’étranger. Entre-temps, il devait payer ses ouvriers et ses fournisseurs. C’est ici que le crédit des marchands entre en jeu. Le dynamisme du commerce atlantique, y compris les profits réalisés sur le commerce des esclaves et des biens produits par ces esclaves, mettait les marchands et les banquiers dans une position où ils étaient désireux et capables de fournir ce crédit.

Eric Williams a anticipé nombre des débats sur ces questions, et il a fourni des citations et des anecdotes éloquentes pour les illustrer. Mais il n’a pas tenté de quantifier la contribution globale des échanges atlantiques à la croissance industrielle britannique au cours de la période 1750-1820.

Certaines de ses formulations semblaient se concentrer uniquement sur la contribution des profits provenant du commerce des esclaves, alors qu’il faudrait tenir compte de l’importance de tous les aspects des échanges liés aux esclaves. Des études ultérieures ont exploré l’importance du commerce colonial pour la prospérité et la croissance britanniques.

Marges bénéficiaires

Les achats de biens britanniques réalisés par les colonies constituent un stimulant majeur pour l’économie. Vers 1770, 96,3 % des exportations britanniques de clous et 70,5 % des exportations de fer forgé étaient destinées aux marchés coloniaux et africains. À la même époque, les exportations britanniques de produits manufacturés en fer représentaient 15 à 19 % de la production nationale de fer.

Les exportations de textiles représentaient entre un tiers et la moitié de la production totale, les marchés coloniaux et africains en absorbaient aussi une part énorme. Au cours des périodes 1784-1786 et 1805-1807, la croissance des exportations représentait pas moins de 87 % de la croissance de la production britannique.

Pendant les Guerres Françaises (1793-1802, 1804-1815), les exportateurs britanniques ont souvent constaté que, exclus de l’Europe, ils devaient compter sur les marchés coloniaux et américains. Les entreprises commerciales et financières qui facilitaient l’importation de sucre et de coton contribuaient également à l’octroi de crédits dont les fabricants de textiles et de métaux avaient grand besoin.

Vers 1770, le total des investissements dans l’économie nationale britannique s’élevait à 4 millions de livres sterling (soit environ 500 millions de livres sterling en monnaie d’aujourd’hui). Cet investissement comprenait la construction de routes et de canaux, de quais et de ports, de tous les nouveaux équipements dont avaient besoin les agriculteurs et les fabricants, et de tous les nouveaux navires vendus aux marchands sur une période d’un an.

À peu près à la même époque, les profits des plantations et des commerces basés sur les esclaves s’élevaient à 3,8 millions de livres sterling (soit environ 450 millions de livres sterling en termes contemporains). Bien entendu, les bénéfices n’étaient pas tous réinvestis, mais ils constituaient une réserve pratique de ressources disponibles à cette fin. Les bénéfices des plantations des Antilles britanniques peuvent être estimés à 2,5 millions de livres sterling en 1770, tandis que les bénéfices du commerce des Antilles étaient d’environ 1,3 million de livres sterling, à une époque où les bénéfices annuels du commerce des esclaves étaient d’au moins 1 million de livres sterling. Même s’ils n’étaient pas tous réinvestis, les profits générés par l’esclavage étaient suffisamment importants pour couvrir entre un quart et un tiers du total des besoins en investissement de la Grande-Bretagne.

Malgré les interruptions dues à la guerre, les plantations ont apporté une contribution très substantielle pendant de nombreuses décennies, voire pendant la majeure partie du siècle suivant l’année 1720. Entre 1761 et 1808, les commerçants britanniques ont transporté de l’autre côté de l’Atlantique 1 428 000 captifs africains et ont empoché 60 millions de livres sterling – peut-être 8 milliards de livres sterling en monnaie actuelle – grâce à la vente d’esclaves.

Une étude des activités de 23 marchands londoniens fortement impliqués dans le commerce des esclaves a révélé qu’ils « jouaient leur rôle dans la construction de routes et de ponts. […] Ils investissaient dans [d’autres] entreprises maritimes, notamment la chasse à la baleine, la fabrication de tissus, principalement la laine, l’exploitation minière, notamment le sel, le charbon et la chaux, et la production de matériaux de construction, tels que le bois, la corde, le fer et le verre. »

Héritage de privilèges

Les arguments en faveur d’une stimulation de l’économie britannique par l’esclavage sont très solides. Ils ont en outre été renforcés par une récente étude de l’universitaire Kenneth Pomeranz. Celui-ci a encore une fois souligné la contribution des terres américaines cultivées par des personnes réduites en esclavage à la croissance britannique aux XVIIIe et au début du XIXe siècle.

En utilisant le concept révélateur de « superficie fantôme », nous pouvons considérer le fait que la Grande-Bretagne avait à sa disposition les fruits du travail de millions d’esclaves, qui travaillaient des millions d’hectares de terre très fertile (et bien située) dans le Nouveau Monde, l’aidant ainsi à surmonter les difficultés des débuts de l’industrialisation.

On estime que la superficie nécessaire à la culture du coton, du sucre et du bois importés du Nouveau Monde par la Grande-Bretagne en 1830 devait se situer entre 10 et 12 millions d’hectares, soit une surface supérieure à la totalité des terres arables et des pâturages de Grande-Bretagne réunis.

À cette époque, certains pays européens raffinaient le sucre à partir de betteraves, mais cela aurait également nécessité de vastes superficies. Le bois aurait probablement pu être importé d’ailleurs et n’était de toute façon pas principalement exploité par des travailleurs esclaves. Mais comme l’observe Pomeranz : « L’élevage d’un nombre suffisant de moutons pour remplacer le fil fabriqué à partir des importations britanniques de coton du Nouveau Monde aurait nécessité des quantités stupéfiantes de terres, près de 3,6 millions d’hectares en 1815… et plus de 9,3 millions d’hectares en 1830. »

On pourrait ajouter que le fil de coton était beaucoup plus adapté aux premiers processus industriels que la laine, et que le prix payé pour chaque livre de coton brut a chuté de moitié entre 1790 et 1820, alors qu’une population d’esclaves en expansion, la nouvelle égreneuse de coton et le transport à vapeur rendaient possible la culture du coton pour les États américains de l’intérieur des terres.

Si les hectares de terres fertiles constituaient une « aubaine écologique », le travail forcé de plusieurs millions d’esclaves a permis de rapidement les mettre en culture afin de les exploiter. En 1860 encore, six millions d’esclaves travaillaient dans les champs du Sud des États-Unis, de Cuba et du Brésil, produisant de grandes quantités de coton, de sucre et de café. Les milliers de millions d’heures de travail réalisées par les esclaves ont contribué à soutenir l’ascension mondiale de la Grande-Bretagne victorienne.

Dans l’ensemble, les personnes réduites en esclavage dans les plantations des Amériques ont apporté une contribution importante et mesurable à la prospérité britannique. Si l’idée de culpabilité héritée est erronée – nous ne sommes pas responsables des crimes et des méfaits de nos ancêtres – l’idée d’un héritage de privilèges est parfaitement valable.

La Grande-Bretagne a pris un bon départ à l’époque de la révolution industrielle, et les Britanniques d’aujourd’hui jouissent toujours d’une prospérité conséquente.

Livres de référence

African History: a Very Short Introduction by John Parker and Richard Rathbone (Oxford, 2007)

The Making of New World Slavery: From the Baroque to the Modern, 1492-1800 by Robin Blackburn (Verso Books, 1998)

The Overthrow of Colonial Slavery 1776-1848 by Robin Blackburn (Verso Books; New Ed edition, 1989)

Citizens of the World: London Merchants and the Integration of the British Atlantic Community, 1735-1785 by David Hancock (Cambridge University Press; New Ed edition, 1997)

The Atlantic Slave Trade (New Approaches to the Americas) by Herbert Klein and Stuart Schwartz (Cambridge University Press, 1999)

Transformations in Slavery: A History of Slavery in Africa (African Studies) by Paul Lovejoy, (Cambridge University Press; 2Rev Ed edition, 2000)

The Great Divergence: China, Europe and the Making of the Modern World Economy (Princeton Economic History of the Western World) by Ken Pomeranz (Princeton University Press; New Ed edition, 2001)

History of the Atlantic Slave Trade, 1440-1870 by Hugh Thomas (Phoenix Press; New Ed edition, 2006)

British Capitalism and Caribbean Slavery: The Legacy of Eric Williams ed by Barbara Solow and Stanley Engerman (Cambridge University Press; New Ed edition, 2004)

Capitalism and Slavery by Eric Williams (University of North Carolina Press, 1994)

Robin Blackburn

Commentaire et traduction : Philippe Oberlé


  1. https://www.bbc.co.uk/history/british/abolition/industrialisation_article_01.shtml

  2. https://www.alternatives-economiques.fr/lesclavage-nourrit-lessor-capitalisme/00098838

  3. https://www.survivalinternational.fr/actu/8537

  4. https://e360.yale.edu/features/how-kenyas-push-for-development-is-threatening-its-prized-wild-lands

  5. https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/06/10/le-travail-des-enfants-en-recrudescence-pour-la-premiere-fois-en-vingt-ans_6083540_3244.html

  6. https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/05/12/en-cote-d-ivoire-la-difficile-lutte-contre-le-travail-des-enfants-dans-le-cacao_6079965_3212.html

  7. https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/10/15/cacao-la-cote-d-ivoire-et-le-ghana-peinent-a-augmenter-leur-part-du-gateau_6056101_3212.html

  8. https://www.worldbank.org/en/news/infographic/2019/02/26/climate-smart-mining

  9. https://ici.radio-canada.ca/info/2019/05/coltan-republique-democratique-congo-mines-enfants/

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